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[Politique] Novembre 2013

le 11/02/2014 à 14h

Aujourd'hui des informations plutôt denses. On décrira les tourments qui continuent d'hanter le Japon suite à Fukushima, et deux nouvelles réformes, sur les aides de l'État et les secrets nationaux.

Rien ne sera plus dévoilé.

Une Opération qui réveille les tensions

Le réacteur n°4 de la centrale de Fukushima semble en bon état vu de l'extérieur. L'explosion qui avait suivi le séisme de 2011 pourrait être un lointain souvenir. Mais la structure reste instable à cause de la piscine atomique qui contient encore de nombreux éléments radioactifs. Une grue s'apprête à les retirer par bâtonnets: l'alarme se tient prête à retentir.

Ces opérations sont communes dans les réacteurs nucléaires du monde entier, affirme Akira Ono en charge de la centrale. La difficulté consiste à opérer sans erreur, à cause des nombreux risques d'incendie et d'explosions en cas de mouvements rapides ou de chocs. Mais ces événements arrivent alors que la confiance de la population japonaise est au plus bas. Les erreurs de fuites d'eaux radioactives ou de fils rongés ont fait de TEPCO, l'EDF japonais, une entité à qu'il est impossible de faire confiance.

Difficile de faire confiance à TEPCO ...

Alors que les Autorités de Régulations Nucléaires critiquent le manque de moyens de TEPCO et ainsi le manque d'investissement dans les réparations, certains pensent qu'il serait préférable de demander une supervision par des experts internationaux.

Dans tous les cas, TEPCO risque d'être restructuré sous peu, car même le parti pro-nucléaire en place, le LDP, préfère diviser la partie commerciale de la partie technique dans le secteur de l'énergie. En ce moment, le pays entier est privé du nucléaire, alors que Shinzo Abe, le premier ministre fait tout pour relancer un système qui épargnerait un déficit colossale pour le pays.

L'homme déterminé à relancer l'économie, par tous les moyens.

En Septembre, le réacteur de Kashiwazaki-Kariwa, de la préfecture de Nigata, a été proposé par TEPCO pour être relancé. Si la mesure est approuvée, d'autres suivront sûrement dès lors que ce réacteur est le plus grand du monde, et donc potentiellement le plus dangereux.

Même si l'opinion s'oppose fermement au retour du nucléaire, aucune unité ne permet d'offrir une voix d'opposition aux tentatives gouvernementales. Il n'est pas exemple pas décidé s'il le nucléaire doit s'arrêter au plus tôt, où s'il faut en diminuer l'usage sur vingt ans.

À noter que Junichiro Koizumi, un premier ministre du LDP il y a quelques années s'est quant à lui prononcé contre les centrales, et a proposé un plan pour en sortir, lequel fut approuvé le lendemain par plus de la moitié de la population interrogée. Mais Shinzo Abe ne changera sûrement pas d'avis.

Ancien chef du gouvernement, nouveau dissident

La Honte des prestations sociales

La ville d'Ono a récemment lancé une loi assez particulière: elle ordonne aux citoyens de dénoncer des personnes recevant des aides de l'État et qui le dépensent ensuite dans les pachinko, machines à sous japonaises. L'administration concède qu'à sa connaissance aucun de ses prestataires ne commettrait un tel "délit", mais la nouvelle est accueillie favorablement parmi les cotiseurs.

D'autres villes approuvent la mesure, et au niveau national, ce sont maintenant 10% des aides qui seront réduites d'ici trois ans. Ces mesures viennent alors que l'économie va eu mieux depuis les trois flèches de Shinzo Abe. Mais même si les marchés japonais ont regagné la confiance internationale, cette situation semble profiter aux riches plutôt qu'aux pauvres, et de plus en plus de japonais reçoivent maintenant des aides mensuelles pour atteindre aujourd'hui quelques 2,5% de la population.

Ce chiffre monte depuis la crise des années 90 qui a entraîné pour de nombreux foyers du chômage, un manque de vivres, et une baisse conséquente du pouvoir d'achat. Mais les moeurs ont la vie dure, et pour beaucoup, l'idée que trouver un travail bien payé est aisé est encore largement répandue. Ceci tend à procurer un sentiment de honte chez les personnes éligibles aux aides de l'État qui décident alors souvent de ne pas les toucher. Une personne sur cinq seulement réalisera finalement la demande.

Le Japon aussi a son lot d'infortunés.

Une autre explication à ce taux surprenant provient du fait que la solidarité familiale est encore largement préconisée. L'année dernière, un comédien réputé s'est vu descendre par la critique lorsque l'on a appris que sa mère reçevait des prestations sociales. Enfin, et comme partout dans le monde, les médias tendent à relayer plus ardemment les informations concernant les cas de fraudes que ceux de personnes honnêtes et en règle, ce qui aggrave la perception populaire de ces aides.

Le gouvernement décide donc aujourd'hui de les réduire. La réforme permettra de plus aux enquêteurs d'aller se renseigner sur les salaires de la famille en allant directement demander des informations aux banques et aux employeurs. Cela risque de diminuer encore plus la part des personnes demandeuses, et ainsi de réduire la facture pour l'État.

Sans pitié ?

Mais ce système risque d'empirer le nombre de cas controversés dans lesquels des hommes se laissent mourir de faim seul chez eux. Alors que les enquêteurs devaient se montrer compatissants, le mot d'ordre est maintenant à la rigueur, pour le meilleur ou pour le pire ?

Secrets d'État

Une loi protégeant les secrets administratifs vient d'être passé au parlement. La motion a fait naître de vives oppositions. Dans le cas des réacteurs de Fukushima, des travailleurs pourraient par exemple garder des informations de sécurité nationale pour eux de peur de commettre un délit. Sur le plan judiciaire, les avocats expriment leur craintes vis à vis de la liberté d'informations des avocats, qui n'auront plus accès à autant de dossiers qu'auparavant.

Toutes les tentatives visant à renforcer les secrets d'États se sont soldées par des échecs depuis la guerre, car le specte de possibles opérations militaires interdites  par la constitution surgissait à chaque fois. Mais la zone aérienne créée par la Chine au dessus des Senkakus à encourager le parlement à renforcer la sécurité nationale, profitant ainsi au désir du LDP, le parti de Shinzo Abe.

Un conseil est donc créé pour centraliser les diverses informations sensibles et prendre des décisions communes aux différents ministères. Ceci permettra d'améliorer l'échange d'informations avec des alliés souligne le gouvernement: en effet, de nombreuses informations américaines ont déjà été perdues par les japonais dans le passé.

Sans rancune.

Trois domaines couvrent les secrets dont il est question : la diplomatie, le contre-espionnage et la lutte anti-terroriste. La réforme s'accompagnera de plus de sanctions pour les auteurs de fuites, ce qui n'existait actuellement que dans le domaine militaire. Ainsi, jusqu'à maintenant, les fonctionnaires coupables de risquaient jamais plus d'un an de prison, cette détention passe désormais à dix ans. Les journalistes pourront aussi être condamnés s'ils possèdent des informations par de la corruption.

Alors que la presse reste d'habitude apprivoisée et docile, elle exprime aujourd'hui ses doutes. Elle craint entre autre une utilisation du gouvernement de cette réforme pour dissimuler des problèmes d'ordre nationaux - ce qui est vraisemblable aux vues des actes de TEPCO. Finalement, ce serait la population qui demeurerait beaucoup moins informée.

Le gouvernement fût avare en concessions. Un délai de 60 ans a cependant été instauré quant à la détention par l'État d'informations secrètes. Le comble, c'est que jusqu'au mois dernier, cette réforme était elle-même secrète!

Avares en informations ?...

Conclusion

Un mois dense en proposition qui sonne le commencement de prises de décisions contestées par le premier ministre Shinzo Abe. Il s'en sortira indemne, mais maintiendra-t-il le cap vers son idéal nationaliste ?

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