yukizuri

S'abonner !

Au coeur de la culture japonaise

[Politique] Août 2013

le 02/12/2013 à 10h

Des relations sino-japonaises qui ne s'améliorent pas: les îles des Senkakus/Diaoyus ont fait des ravages à cette potentielle coopération des géants asiatiques que sont le Japon et la Chine. Mais les japonais ont d'autres chats à fouetter: le nucléaire est encore un sujet sensible, ravivé en Août par de nouveaux incidents à Fukushima.

De l'histoire ancienne ? Pas si sûr.

Les difficultés de la diplomatie

Le diplomate Akitaka Saika arriva plein d'espoir à Pékin: son souhait, faire avancer la situation autour des îles des Senkakus/Diaoyus. Le gouvernement japonnais les possède depuis un an, et la Chine les revendique sans faiblir. De nombreux officiels se déplacent depuis peu d'un pays à l'autre pour préparer le terrain à une visite diplomatique entre le président chinois Xi Jinping et le premier ministre japonais Shinzo Abe.

Une rencontre encore illusoire.

Ces visites pourraient être vouées à l'échec. Le China Daily, un journal détenu par l'État a nié la préparation d'un quelconque sommet entre les deux pays. Le ministre des affaires étrangères chinois a précisé que la vacuité d'un dialogue n'améliorerait en rien la situation autour des îles. Plus révélateur, les autorités chinoises nient même des échanges avec certains diplomates japonais, qui, eux, se targuent d'être optimistes en revenant sur l'archipel.

Les analystes japonais attribuent de telles réactions à la période de transition vécu par la Chine. Xi Jinping doit se montrer un puissant dirigeant, et se montrer intransigeant avec ses voisins. De l'autre côté, les visites au Yasukuni, un temple abritant les esprits de criminels de guerre japonais, attisent la haine des peuples anciennement opprimés. Le pire pourrait arriver si Shinzo Abe honorerait lui même les défunt pour l'anniversaire de la défaite japonaise le 15 Août. Une fois cette date passée, l'espoir aura peut être de nouveau sa place.

Shinzo Abe se contentera d'un discours lors du 15 Août 2013, évitant ainsi des provocations inutiles.

Méfiants comme jamais

La Chine impose une condition à une réunion éventuelle entre dirigeants: le Japon doit accepter de remettre en cause la propriété des Senkakus. Shinzo Abe avait répété lors des élections dans la seconde chambre parlementaire qu'il ne concèderait rien sur cette possession. La partie s'annonce donc serrée. Les autorités japonaises estiment quant à elle que la Chine doit cesser ses patrouilles aux alentours des îles.

Le fait que M. Abe ait gagné les élections force maintenant la Chine à traiter avec lui, et même si le ministre semble essayer d'appaiser ces relations houleuses, il demeure le plus fervent défenseur d'une politique d'indépendance militaire. Les Senkakus condensent en un point les tensions des deux géants: ne serait-ce qu'une escouade de marines armée présente de l'un ou l'autre pourrait déclencher une guerre. Mais la diplomatie en Asie de l'Est semble se retourner contre le Japon. Il s'est vu boudé récemment par la Corée du Sud: c'est la première fois qu'un nouveau président, Park Geunhye, a même visité la Chine avant le Japon.

La présidente Sud Coréenne suit les traces de son prédécesseur en refusant de traiter avec le Japon.

Enfin, le 5 Août, un nouveau vaisseau naval a été dévoilé à Yokohama. 250 mètres pour 27000 tonnes une fois chargé, il pourra effectuer des missions de surveillance marines mais aussi des missions de secours dans des zones sinistrés. L'Izumo ne menace pour l'instant en rien la constitution pacifiste japonaise, mais il pourrait facilement être modifié pour être transformé en porte-avion, comme le laisse supposer sa piste d'atterrissage. La Chine dénonce un déguisement militaire: cela semble dure à nier.

L'Izumo est le plus grand navire construit depuis la fin de la guerre.

Écologie : le cauchemard continue

Les efforts continuent pour nettoyer la centrale de Fukushima Dai-ichi, mais les réparations ont heurté un nouvel obstacle quand des fuites d'eaux radioactives ont été constatées. L'aide américaine a toujours était présente mais TEPCO (l'EDF japonais) qui a longtemps voulu gérer la situation seul demande maintenant l'aide internationale.

La Chine et la Corée du Sud ont exprimé leurs craintes, et la méfiance s'installe sur l'archipel. La façon dont TEPCO gère les crises est fortement remise en question: la société avait nié ces fuites jusqu'à présent, et les moyens mis en oeuvre pour sécuriser la centrale sont insuffisants. En effet, aucune jauge de niveau d'eau n'a été installée, les employés doivent simplement se souvenir du niveau de la veille, ce qui est pour le moins aberrant devant la gravité de telles tâches.

Eau contaminée près d'un réacteur. L'obsolescence des équipements laisse songeur.

Une telle incompétence vient du fait que TEPCO manque de moyens financiers. La société doit gérer la mise aux normes des différentes centrales - qui sont hors services - et offrir des compensations aux familles victimes de la catastrophe de 2011. Des solutions seraient ainsi possible en théorie pour éviter des fuites radioactives, comme des conteneurs en acier trempé, mais ces dispositifs requiert temps et argent.

De plus, le gouvernement du LDP tente par tous les moyens depuis son arrivée au pouvoir de relancer les centrales éteintes pour palier le déficit énergétique croissant. Et ceci peut expliquer pourquoi TEPCO est si peu investi dans la vérification des normes de sécurité. La population japonaise, elle, s'oppose à un tel retour au nucléaire au vue de ces situations qui sont hors du contrôle de la société d'électricité.

Conclusion

La situation entre la Chine et le Japon semble inextricable: les deux pays ne semblent pas prêt d'accepter les revendications adverses. À l'intérieur du pays, le Japon s'unit cependant pour une chose: un refus du retour au nucléaire, qui s'oppose pour le moment avec brio au gouvernement.

Commentaires