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[Politique] Septembre & Octobre 2013

le 30/01/2014 à 18h

Après une petite pause, nous revoilà avec la série politique ! Au programme, les mois de Septembre et d'Octobre: un événement international majeur pour le Japon, la fin provisoire du nucléaire, et une baisse du pouvoir d'achat qui pourrait heurter la popularité de Shinzo Abe.

Le début de la fin

Faîtes vos jeux !

Lorsque Tokyo s'était présenté pour les JO de 2016, ses capacités étaient tirées vers le bas par le refus de la population d'héberger un événement qui coûtait beaucoup plus au pays qu'il ne lui rapportait. Mais ce sont 70% des résidents qui ont répondu favorablement à l'édition de 2020, permettant ainsi au Japon d'être l'hôte des JO 2020 !

Le gouverneur de Tokyo a en fait usé jusqu'à la moelle de l'argument suivant: la ville (et le pays) remontera sur son pied d'estale international si les Jeux Olympiques y prennent place. Avec les problèmes récents à Fukushima, le premier ministre a du lutter pour redonner la confiance au comité olympique, et assurer que les fuites seraient résolues grâce à de nouvelles dépenses s'élevant à 470 millions de dollards.

Tokyo doit maintenant construire plus de la moitié des 37 infrastructures qu'il a promis d'avoir, et devra réhabiliter son stade olympique utilisé en 1964. Mais les recettes, même d'un point de vue optimiste, ne combleront pas les dépenses, et c'est sans compter un séisme potentiel qui frapperait Tokyo d'ici 2020 et qui ne cesse d'inquiéter athlètes, scientifiques, mais surtout populations locales.

Accrochez-vous pour le 100m !

À bloc ?

La dernière centrale a été éteinte fin septembre. Cette fermeture était censée être une mesure de routine, mais aucune date de réouverture n'a été clairement définie. Cela faisait 40 ans que le pays n'avait pas fonctionné sans énergie nucléaire. Avant la catastrophe de Fukushima Dai-Ichi, 30% de l'énergie était procurée par les réacteurs.

Le LDP, parti en place, ne cesse de répéter l'importance de leur remise en fonction: la conjecture économique aggrave les pertes financières déjà élevés (le prix du pétrole augmente alors que la politique d'inflation de Shinzo Abe améliore certes les exportations, mais défavorisent les importations).

Le Village Nucléaire, un lobby, ou groupe de pression, japonais implore le gouvernement de réactiver la totalité des réacteurs. Mais l'ARN, autorité de régulation nucléaire empêche tout retour à la normale sans son approbation, sachant qu'elle n'a toujours pas définie les normes qu'elle compte utiliser pour ses tests de remise en route. Le fait que le Japon se tienne sur de nombreuses failles géologiques empire la situation. 20% des séismes ayant lieu dans le monde le sont sur l'archipel, imposant aux normes  nucléaires d'être encore plus strictes.

La routine funeste.

Mais le premier ministre ne peut pas non plus ignorer l'opposition du peuple, qui se fait de plus en plus intense. Le gouvernement avait cependant prévu de tels revendications, et avait construit les réacteurs dans des régions pour la plupart isolée et peu habitée. La corruption permettant de faire le reste du travail et de lancer tranquillement les centrales. Mais certaines préfectures, comme celle de Niigata, menée par Hirohiko Izumida, refuse la réouverture du réacteur. Et ainsi, même l'approbation de l'ARN ne suffirait pas.

Il existe toutefois de bonnes nouvelles. Le Japon a su s'adapter à sa nouvelle situation, et les énergies renouvellables sont en vogues. Solaire, éolien, ampoules à basse consommation, tout y est passé, et les économies d'énergies de Tokyo ont grimpé de 10%. Mais des problèmes pratiques subsistent: le nucléaire permettait à l'île d'optimiser son espace en produisant 1000 Watts par mettre carré. Ce sera 200 fois moins pour les éoliennes, et 50 fois moins pour les panneaux solaires.

Les ingénieurs japonais se sont attelés à développer la technologie des éoliennes.

Toujours plus haut...

Shinzo Abe a décidé de continuer de porter le projet du réhaussement de la taxe de consommation, équivalente à notre TVA, de 5% à 8% en Avril, et jusqu'à 10% pour l'année prochaine. Cette décision vient alors que le pays est le plus endetté parmi les pays développé (relativement, deux fois plus que la France). Ceci est grandement dû à une population vieillissante et une population active en berne, ce qui augmente directement les coûts totaux de la sécurité sociale.

Cette hausse avait été prévue par Yoshihiko Noda, mais s'y opposer aurait été pour Shinzo Abe un mouvement incohérent quand son slogan tient au redressement des finances du pays. Ceci vient après les deux premières flèches décochées par le premier ministre, qui ont permis au Japon de retrouver une croissance remarquable de 4% lors du dernier semestre (la France se bat déjà pour atteindre un taux nul). Mais les progrès ne se retrouvent que dans les grandes entreprises, et le gouvernement ne parvient pas à forcer les responsables à augmenter le salaire de leurs employés pour suivre la hausse des prix.

L'Archipel de la consommation

Conclusion

Les Jeux Olympiques seront un prétexte pour beaucoup de se rendre au Japon dans six ans. D'ici là, la réforme sur la TVA sera entièrement accomplie, et il est fort probable que le Japon se sera alors aligné sur les indices européens de 20%.

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