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[Film] Fin d'Automne - Yasujirō Ozu

le 17/11/2013 à 11h

C'est trois ans avant sa mort qu'Ozu réalise Fin d'Automne (Akibiyori, 秋日和). Le réalisateur, connu internationalement, n'arrive pourtant sur les écrans français que vingt ans plus tard. Ce film permet de faire un point sur les particularités de cet homme qui a voué sa vie au cinéma.

Résumé

Akiko est veuve depuis maintenant six ans. Elle vit cependant avec une gaieté apparente, seule avec sa fille Ayako. Lors de la cérémonie d'hommage à son défunt mari, trois anciens amis lui proposent de marier sa fille.

Les trois hommes semblent porter plus d'intérêt à la famille d'Akiko qu'à la leur.

Cependant, la jeune Ayako refuse de se marier si cela implique de laisser sa mère vieillir seule. Sa relation avec Akiko est fusionnelle, l'une ne souhaite pas vivre sans l'autre. Il est donc décidé (unilatéralement par les trois anciens amis) de marier la veuve Akiko, ce qui porte l'excitation à son comble chez ces hommes qui la convoitaient au lycée.

Critique

D'un point de vue technique, la première chose qui frappe, c'est la couleur ! Le noir et blanc traditionnel est abandonné pour donner un ton beaucoup plus actuel au film. Et c'est ce bien ce que souhaitait le réalisateur. La musique est présente tout le long du film, est reste souvent sur des tonalités gaies, conférant au film une légèreté salvatrice qui permet de nous maintenant concentré durant les deux heures de projection.

Une autre facette de la réalisation est le goût pour des plans riches mais peu nombreux. En effet, l'intégralité du film se passera dans moins de cinq lieux, qui font office de symboles. La maison d'Akiko et d'Ayako reflète leur attachement, le bar rallie les trois hommes, et le bureau condense les décisions prisent durant le film. Les plans pourraient être pauvres, mais leur profondeur permet de conserver une narration complexe, où les personnages dominent ou s'allient aux autres.

Le scénario est plutôt intéressant, mais on constate tout de même quelques longueurs. Le trio d'anciens amis est parfait et nous fait rire régulièrement, tandis que les rôles d'Ayako et d'Akiko restent plus traditionnels.

Il faut en revanche noter la performance de Mariko Okada, qui joue Yuriko, une amie énergique de la future mariée. Cette dernière offre par se fraîcheur un portrait de la femme lors de l'occidentalisation du Japon après la guerre, sous l'influence de la présence américaine. Yuriko incarne ainsi les différentes jeunes filles qu'on retrouve aussi chez les différentes familles des hommes et qui souhaitent toutes s'affranchir des barrières des traditions.

La couleur facilite la description de la transition de ces traditions vers la modernité. Portant tantôt un kimono, tantôt un tailleur, les femmes symbolisent ces changements. Yuriko peut même être considérée comme la véritable héroïne du film. C'est elle qui débloque les situations, et la seule femme a imposer ses idées aux hommes, affichant son caractère indocile sans honte. Cette idée est appuyée par le fait qu'on la voit de plus en plus en avançant dans le film, comme si le réalisateur nous montrait la nouvelle marche à suivre : accepter le changement.

Yuriko détient les clés de l'intrigue.

Conclusion

Fin d'Automne permet à la fois de réaliser l'étendu des capacités acquises par Ozu, et de mieux comprendre le futur de la femme japonaise après l'occidentalisation des années 60.

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